EMDR et traumatisme complexe : pourquoi je ne propose plus de séances à la carte 👀
- 2 janv.
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L’EMDR est aujourd’hui très connue et souvent présentée comme une méthode rapide et efficace pour “traiter un trauma”. Dans certains cas, notamment pour des traumatismes isolés et bien identifiés, elle peut en effet être utile.
Cependant, mon expérience clinique m’a amenée à faire évoluer ma pratique et à ne plus proposer de séances d’EMDR à la demande.
Une méthode souvent perçue comme une solution rapide
De nombreuses personnes viennent consulter en pensant que l’EMDR permettrait de “régler” une difficulté en quelques séances.
Cette représentation est compréhensible, mais elle ne correspond pas à la réalité clinique. Pour les personnes concernées par l’EMDR et traumatisme complexe, il est essentiel de respecter un rythme sécurisé et un accompagnement global, plutôt que de proposer des séances rapides à la carte.
Toutes les difficultés ne relèvent pas du trauma
L’EMDR est parfois demandée pour des problématiques qui ne relèvent pas du trauma au sens clinique : anxiété généralisée, difficultés relationnelles, mal-être persistant, troubles de l’estime de soi, souffrance existentielle.
Dans ces situations, un travail thérapeutique plus global est souvent nécessaire pour comprendre l’origine des difficultés et accompagner un changement durable.
Une méthode qui n’est pas adaptée à tout le monde
Contrairement à une idée répandue, l’EMDR ne convient pas à toutes les personnes.
Certaines peuvent rencontrer des difficultés importantes, par exemple :
une incapacité à visualiser (aphantasie),
une angoisse intense à l’idée de revisiter le passé,
une difficulté à se connecter aux émotions sans se sentir débordées,
ou un manque de ressources internes suffisantes pour traverser ce type de travail en sécurité.
Dans ces cas, proposer de l’EMDR peut être inefficace, voire insécurisant.
Les limites reconnues de l’EMDR
Sur le plan scientifique et clinique, il existe également des débats sur les mécanismes précis de l’EMDR.
Plusieurs travaux montrent que son efficacité repose en grande partie sur des facteurs communs à d’autres approches (exposition au souvenir, relation thérapeutique), et que ses indications sont surtout validées pour certains types de traumatismes, mais beaucoup moins pour les traumatismes complexes.
EMDR et traumatisme complexe : pourquoi je privilégie une autre approche
Dans ma pratique j’accompagne principalement des traumatismes complexes : des souffrances inscrites dans des histoires relationnelles, des schémas répétitifs, des expériences précoces ou prolongées.
Ce type de travail nécessite du temps, de la sécurité émotionnelle et un cadre thérapeutique contenant. Mon objectif n’est pas seulement d’atténuer des symptômes, mais de permettre une compréhension et une transformation en profondeur du vécu.
Ce que je propose aujourd’hui
Je n’utilise donc plus l’EMDR comme une technique proposée à la carte. En revanche, je peux y avoir recours ponctuellement, intégrée dans un suivi thérapeutique, lorsque cela me semble pertinent, adapté et sécurisant pour la personne.
Ce choix vise à offrir un accompagnement plus respectueux du rythme de chacun, cohérent avec la réalité clinique et centré sur un changement durable.

