Prendre soin de soi : que signifie vraiment cette expression en psychologie ?
- 17 avr.
- 2 min de lecture
“Allez, prenez soin de vous !”
C’est une phrase que l’on entend partout. Elle semble douce, bienveillante, presque évidente.
Et je l'utilise moi-même régulièrement, en fin de vidéo ou de newsletter ! Mais qu’est-ce que cela veut dire, concrètement, prendre soin de soi ?
Car pour beaucoup de personnes ce n’est ni naturel, ni clair.
Prendre soin de soi, ce n’est pas toujours se faire du bien
On associe souvent le fait de prendre soin de soi à des actions agréables : se reposer, se détendre, se faire plaisir.
Mais dans la réalité psychique, le soin ne se réduit pas au confort. Cela passe souvent par le fait de :
poser une limite,
dire non,
renoncer à une situation ou une relation,
accepter une frustration...
Autrement dit, le soin ne se mesure pas à ce qui fait du bien immédiatement, mais à ce qui soutient le sujet dans la durée.
Une responsabilité envers soi-même
Prendre soin de soi implique aussi une position intérieure particulière : ne pas se considérer uniquement comme quelqu’un qui subit, mais comme quelqu’un qui a une part (même minime) dans ce qu’il vit, et surtout dans ce qu’il en fait.
Cela ne signifie pas se rendre coupable de tout, mais retrouver une forme de responsabilité subjective : reconnaître ses limites, ne pas s’exposer inutilement à ce qui fait souffrir, questionner certaines répétitions... C’est une manière de se réapproprier sa place.
Se rencontrer plutôt que se réparer
Derrière l’idée de “prendre soin de soi”, il y a souvent un espoir implicite : aller mieux rapidement, se réparer, devenir une version plus apaisée de soi-même.
Mais le travail psychique ne suit pas cette logique, au contraire il passe par le fait d'accepter de ne pas aller bien tout de suite. Car vous êtes un être complexe, traversé par des contradictions, et qui ne peut pas être tout le temps “aligné”.
C’est un rapport à soi plus réaliste, plus vivant et moins idéalisé.
Apprendre à poser des limites
Une des dimensions centrales du soin psychique concerne la question des limites. Car prendre soin de soi, c’est aussi apprendre à dire non, ne pas être disponible en permanence pour les autres ou plus urgent, renoncer à se suradapter.
Or pour beaucoup c'est une démarche difficile : elle peut faire peur, créer du conflit, ou donner l’impression de perdre l’autre.
Et pourtant, c’est souvent là que quelque chose de fondamental se joue.
Quand on ne sait pas comment faire
Enfin, il est important de reconnaître que beaucoup des personnes ne savent tout simplement pas ce que cela signifie, "prendre soin d’elles-mêmes".
Dans ces situations le point de départ n’a pas à être un état d'autonomie immédiate, mais putôt du soutien : savoir demander de l’aide, s’appuyer sur un cadre thérapeutique sécurisant, et accepter de ne pas savoir - ou du moins, pas tout de suite.
Le soin passe par le fait de ne plus rester seul.e avec cette question.
Prendre soin de soi n’est pas une simple injonction à aller bien.
C’est une invitation plus exigeante, et plus profonde : celle de se traiter comme quelqu’un qui compte.
Pas seulement dans les moments faciles, mais aussi dans l’inconfort, les hésitations et les zones encore floues.
C’est alors que le soin de soi commence réellement.


